Discours du Pr. El Hadji Issa SALL, Président de l’Université du Sahel à l’occasion  du quinzième anniversaire de l’Université et de la remise de diplôme aux lauréats 2012/2013

Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche,

Monsieur le Ministre de la Jeunesse  de  la République sœur du Mali,

Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants du Corps diplomatique

Mesdames et Messieurs les Présidents, Recteurs et Directeur d’Etablissements

Honorables invités, chers collègues, chers parents, chers étudiants,

Mesdames, Messieurs

Je voudrais tout d’abord vous remercier d’être venus, parfois de très loin, assister à la cérémonie du 15 ème anniversaire de l’Université du Sahel, et à la remise des diplômes aux lauréats 2012/2013.

Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous dire combien  nous sommes heureux de vous avoir parmi nous, car votre présence est un honneur et surtout un encouragement. 

Au nom de tous mes collègues et au nom des étudiants, soyez en remercié.

Aujourd’hui l’Université du Sahel souffle ses quinze bougies, quinze années au service de la formation de l’Etudiant africain. Je voudrais rappeler que dès l’entame, nous avons opté de nous inscrire dans le cadre du panafricanisme.

Pendant très longtemps, les étudiants sénégalais sont arrivés, en termes d’effectif, loin derrière les ressortissants de certains pays africains. Ce n’est que cette année que la tendance s’est inversée, tendance que vous avez inversée, Monsieur le Ministre, en orientant des centaines bacheliers dans notre établissement.

La décision d’orienter tous les bacheliers que le Chef de l’Etat a prise est à saluer. Ce projet novateur que vous êtes en train de réaliser de mains de maitre nous donne beaucoup d’espoir. Le Sénégal peut et doit atteindre les objectifs l’Unesco.

Ces étudiants qui  viennent de terminer 8 semaines de cours,  sont bien présents dans cette salle et vous expriment toute leur gratitude.

Dans un contexte régional, et même mondial, caractérisé par les crises de toutes sortes, y compris les crises universitaires,  créer  et faire fonctionner une université privée en Afrique n’est pas une entreprise facile.

Nous avons hérité de la tradition française qu’une université ne peut être privée. Elle doit être publique.

Quand en 1996, nous avons voulu tenter cette expérience, nous avions quelques appréhensions. Mais comme la loi nous y invitait, nous avons fait toutes les formalités administratives. Ce qui n’était pas le plus difficile, car il fallait avoir les qualifications académiques et ressources nécessaires.

C’est après l’obtention du quitus de l’administration que nous avons commencé à nous poser certaines questions sur l’acceptabilité du projet par le public.

Cependant, nous savions d’expérience qu’il a existé dans les pays du Nord des projets similaires qui n’avaient pas tous le prérequis que nous avions en 1996. Mais, par contre, ils étaient dans des environnements plus propices. Je pense à  loi Morrill  de 1862 et celle de 1890 concernant  les universités Land-grant aux USA.  L’état Américain, lassé d’envoyer ses enfants étudier le droit et les lettres en Europe, a encouragé la création d’universités en leur octroyant des terres fédérales.

En retour, ces universités devaient former principalement dans le domaine de l’agriculture et de la mécanique. Mais, ils devaient aussi s’ouvrir à la communauté en mettant leurs fonds documentaires à la disposition du grand public et faire de la vulgarisation leur credo. C’est ainsi que sont créés de prestigieuses universités comme Michigan State à East Lansing,  Virginia Tech à Blasksburg, Tuskegee, et Auburn dans l’Alabama, l’Université de Californie, Berkeley,  Texas A&M à College Station. Sur le modèle des land-grand plus d’une centaine d’universités ont été créées avec une moyenne de deux par états.

Si nous avons parlé des land-grant, c’est pour dire que la mise sur pied d’une structure universitaire privée s’inscrit en droite ligne dans le développement des nations. C’est la raison pour laquelle elle devrait bénéficier de la collaboration des pouvoirs publics.

En 1998, l’Université du Sahel a commencé à donner ses cours avec des enseignants de renom comme les professeurs Omar Sankaré et Ndiack Fall qui sont les parrains de cette promotion.

Ils n’étaient pas seuls, à côté d’eux plusieurs scientifiques, économistes, littéraires, juristes et dont certains ont déjà été parrains,  se sont associés au projet et l’on adopté. Ils sont là parmi nous aujourd’hui, ils étaient  avec nous en 1998, ils vont encore nous accompagner.

En 1998,  nous avons démarré avec des premières années de  MPCI, de CBG, d’économie, de droit, de lettres et de sciences humaines. Nous avions aussi des DUT, des DEUG, des DUES qui sont venus s’inscrire en licence d’informatique et d’économie.  Toutes ces 7 classes  faisaient un total de 116 étudiants. Et dans certaines d’entre elles, les enseignants  étaient 3 fois plus nombreux que les étudiants. En 2000, les 3 étudiants de la licence de sociologie étaient formés par 10 professeurs.

Quinze ans après, l’université  du Sahel a délivré 2097 diplômes :

1449 licences répartis comme suit : 172  en informatique, 97 en physique/chimie, 332 en sciences économiques et gestion, 624 en droit privé et  274 en droit public.

357 diplômes de maitrise dont 72 en informatique, 16 en physique et chimie, 94 en science de gestion, 146 en droit des affaires et 29 en droit public.

291 Master : 25 en informatique (SRBD), 11 en Science de gestion (CCA), 17 en droit pénal et carrière judicaires, 80 en droit des affaires et fiscalité, 50 en droit des activités maritimes, 52 en relations internationales et 56 en administrations publiques.

Tous les titulaires de la maitrise et du master ayant soutenu publiquement un mémoire devant un jury d’au moins 3 membres,  cela nous fait  357 mémoires de maitrise et 291 mémoires de Master, soit total de 648 mémoires actuellement consultables à la bibliothèque de l’Université.

Les étudiants du Sahel nous viennent de 20 pays d’Afrique, ce qui fait qu’après cette remise de diplôme ils resteront sur place pour fêter la journée de l’intégration, fête qui est inscrite dans l’agenda universitaire depuis plus d’une dizaine d’années.

Ces étudiants sont tous formés sur le campus principal de l’Université situé à Mermoz. Le campus compte 50 salles dont 10 grandes d’une capacité de 150 étudiants chacune. Nous avons aussi 40 autres salles pouvant contenir confortablement entre 50 et 65 étudiants. Cela nous donne à la rentrée 2013/2014 une capacité fixe de 4.000 étudiants, soit 8.000 en rotation.

Monsieur le Ministre et chers invités, tout cela n’a pu se réaliser que grâce à un corps professoral compétent au nombre de 75 dont 28 docteurs.  Parmi lesquels 3 agrégés en droit, 17 docteurs d’Etat, 1 Ph.D., et 7 autres docteurs). Ces professeurs titulaires et maitre de conférences pour la plupart sont assistés de 40 doctorants, 2 Masters et 5 professionnels.

De ces 75,  21 enseignent les sciences et technologies, 35 interviennent en droit, 16 en économie/gestion et 3 en lettres et sciences sociales.

En 2005, le Cames sentant la présence du privé dans la formation supérieure a invité un certain nombre d’EPES pour l’accréditation de leur curricula et la reconnaissance de leurs diplômes. C’est ainsi que nous avons validé nos licences dans le modèle LMD.

Permettez-nous de rappeler que la première reconnaissance d’un diplôme CAMES sur le modèle LMD en informatique, en physique, en chimie et en  droit  a été déposée par l’Université du Sahel et validée en 2005 à Abidjan.

Ce dispositif qui permet à l’étudiant de confectionner son propre parcours et qui lui donne une certaine mobilité, a été mis en pratique à l’Université du Sahel depuis 2003. Cela a permis à des centaines d’étudiants diplômés de l’université du Sahel de poursuivre leurs études dans d’autres universités africaines, européennes et américaines et canadiennes.

Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs,

Cette fête est pour nous un prétexte, pour faire une introspection et pour nous projeter dans le futur.

Nous savons que l’éducation est une affaire de tous à commencer par l’Etat qui en en est le premier garant.  Mais c’est aussi l’affaire des pouvoirs locaux et des parents sans parler des étudiants et des enseignants  qui sont les premiers acteurs.

Si l’école publique a sa partition à jouer, force est de constater que le privé a sa place dans ce secteur porteur de croissance.

Il est actuellement admis de tous que le développement d’un pays est proportionnel au niveau d’éducation de sa population, surtout dans le domaine des Sciences, des Technologies de l’Ingénierie et de la Mathématique communément appelé  STEM.

Monsieur le Ministre de l’Enseignement et la Recherche,

L’unis a décerné des licences pendant 15 ans des masters depuis 6 ans.  Maintenant nous pensons aller à l’étape supérieure. Nous souhaitons ouvrir l’année prochaine, deux écoles doctorales dans les stems principalement en physique et en chimie, et dans les sciences juridiques et politiques. Nous disposons déjà d’une masse critique d’étudiants et d’enseignants pour que ces écoles puissent voir le jour.

Partant du fait qu’il ne peut y avoir une université viable sans recherche, nous allons favoriser la recherche en partenariat avec d’autres universités sur le plan national et international.  Nous travaillons déjà dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, de l’environnement, notamment sur les inondations, de la bonne gouvernance sur les aspects liés aux élections et à la démocratie.

La plateforme d’enseignement numérique de l’université va accompagner les étudiants pour leur faire bénéficier d’un enseignement augmenté, dans un premier temps. Elle sera entièrement en ligne dans les prochaines années.

Il n’est pas rare, Monsieur le Ministre, lors de mes déplacements à l’étranger de croiser d’anciens étudiants de l’Université du Sahel qui  occupent des  postes de responsabilité au plus haut niveau dans leurs pays.  Je veux citer l’exemple du Gabon avec de hauts magistrats et des inspecteurs des impôts sortis de notre établissement.

Il en est de même pour les 19 autres pays dont les ressortissants fréquentent cette université.

Sur ce point, je voudrais Monsieur le Ministre,  attirer votre aimable attention  sur l’exception du Sénégal. Chez nous, Monsieur le Ministre,  les concours d’Etat ne sont pas accessibles à nos diplômés. Il en est de même pour l’Université publique qui leur refuse l’accès quand ils terminent leurs parcours à l’Université du Sahel.

Nous avons grand espoir, Monsieur le Ministre, avec les actions novatrices que vous êtes en train de mener dans votre département que ces préoccupations vont bientôt trouver solutions.

Monsieur le Ministre, chers invités

Vous conviendrez avec moi que le bilan esquissé est une œuvre collective de toute la communauté universitaire présente et passée. Qu’il me soit permis une fois encore de saluer tout le personnel enseignant, le personnel administratif et technique

Nos pensées vont à ceux qui nous ont quittés. Je  pense au professeur Félix Ngoma qui a eu à dispenser les premiers cours de finance publiques à l’Unis, au professeur Souleymane Ndiaye, brillant algébriste, et cette année le Colonel  Sada Sidy nous a quittés sur la pointe des pieds. Je pense à l’étudiante Génia Akéra, une congolaise,   victime d’un accident de la circulation, il y a quatre ans, au moment où,  elle venait réviser  ses cours à l’université.

Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de rappeler avec beaucoup de nostalgie les années studieuses que nous avons passés ensemble au Lycée Charles De Gaulle de Saint-Louis.  C’est dire que vous êtes le ministre de notre promotion, et au nom de tous,  je vous souhaite plein succès dans les nobles missions que le Président de la République, son excellence Macky SALL, a bien voulu vous confier.

C’est sur ces mots, Messieurs les Ministres et chers invités que je voudrais terminer mon allocution.

Je vous remercie de votre attention.